TOP 5 

Lot 8 - Nguyễn Văn Thọ dit Nam Sơn (1899-1973), Vêtement sacré de la pagode, 1932, 1 062 720€ 

Lot 11 - Lê Văn Đệ (1906-1966), La Toilette, circa 1933, 150 880€ 

Lot 14 - Vũ Đình Ngọc (XXe siècle), Le tricot, 107 584€ 

Lot 12 - Lê Văn Đệ (1906-1966), Paysage, Capri, 1933, 98 400€ 

Lot 18 - Vũ Cao Đàm (1908-2000), Fleurs de pavot, 91 840€ 

Redécouverte d'une œuvre majeure de Nam Sơn, sa participation à l’AGINDO de 1933

Nam Sơn évolue depuis 1922 aux côtés de Victor Tardieu et l’accompagne dans ses projets d’envergure, notamment la création de l’Ecole des beaux-arts en 1924. Il est nommé professeur de dessin pour les candidats au concours d’entrée  dès 1925, puis professeur technique des arts décoratifs.  
Sa carrière personnelle en tant qu’artiste prend véritablement son essor au début des années 1930. Il participe alors, sous l’impulsion de Victor Tardieu, à de nombreuses expositions organisées à Paris ou à Rome, dont l’importante Exposition coloniale de 1931. 

Dans cette soie d’envergure, qui rassemble toutes les qualités ayant fait de Nam Sơn un maître de la peinture sur soie, l’artiste déploie une composition aboutie, conçue pour la quatrième exposition de l’AGINDO qui se tient à Paris en mars 1933. Assise devant l’autel d’un temple bouddhiste, une jeune femme vêtue d’un costume traditionnel du nord du Vietnam coud un kesa, vêtement sacré aux bandes bleutées. Hérité du sanskrit kasaya, signifiant « teinté » ou « couleur trouble », ce tissu incarne la simplicité et l’humilité.

Nam Son, à un peu plus d’1 million d’euros, double le précédent record. Aguttes détient donc aujourd’hui les 3 records mondiaux pour cet artiste.

La Maternité selon Lê Phổ : un thème occidental réinventé

Cette huile sur soie fut réalisée au début des années 1960, ainsi qu’en atteste les documents d’archives conservés dans la famille du peintre Lê Phổ. C’est dans ces mêmes années que ses expositions à la Galerie Romanet commencèrent à susciter l’intérêt du galeriste américain Wally Findlay, qui prit contact avec lui en 1963. Ici, une femme debout enlace son enfant qui tient une grappe de raisin. Référence évidente à l’iconographie de la Vierge à l’Enfant, Lê Phổ choisit de placer ce motif dans un décor domestique et luxuriant.

Le voyage en Italie de Lê Văn Đệ : sa participation à la sa participation à la Seconda Mostra Internazionale d’Arte Coloniale, Naples,1934

Lê Văn Đệ, artiste venant de la province de Bến Tre, sort diplômé major ex-aequo de la première promotion de l’École des beaux-arts d’Indochine en 1930. Boursier de la S.A.M.I.P.I.C., il rejoint la France à la fin de l’année 1931, alors que l’Exposition coloniale installée à Vincennes s’achève. Il intègre les beaux-arts de Paris où il devient l’élève de Jean-Pierre Laurens (1875 - 1932). Lors de son séjour en Italie au début des années 1930, il expose régulièrement à Milan et à Rome.

Ébloui par les fresques italiennes qu’il vient de découvrir, il s’essaie à des travaux sur éternit, dans une recherche novatrice qui remporte un beau succès lors des expositions qu’il donne alors à Naples et à Milan. Pour la première fois depuis les années 1930, il nous est donné de voir le travail de Lê Văn Đệ sur éternit. En parfait état de conservation, les deux œuvres sont présentées dans leurs cadres d’origine au dos desquels sont apposés les étiquettes de la Seconda Mostra Internazionale d’Arte Coloniale qui se tint à Naples en 1934.

Nous nous réjouissons d’enregistrer le 3e record mondial pour un tableau de Lê Văn Đệ à près de 150 000 euros. Sur le top 4 de l’artiste, Aguttes en détient donc aujourd’hui 3.

Louis Rollet, l’expérience indochinoise d’un peintre voyageur 

Cette 51ᵉ vacation est aussi l’occasion de découvrir des peintres voyageurs, comme Louis Rollet, lauréat du prix de l’Indochine en 1930. Il devient alors professeur de dessin et de peinture à l’École des beaux-arts de l’Indochine à Hanoï et s'immerge dans la culture locale en peignant des scènes de la vie quotidienne à l’image de cette vue de marché animée.

Un beau record mondial également du côté des peintres voyageurs, avec Louis Rollet, actif à Hanoï en 1930. 

Révélation d'un artiste oublié : Vũ Đình Ngọc, diplômé en 1935 de l'École des beaux-arts de l’Indochine

Vũ Đình Ngọc intègre la promotion VI (1930 -1935) de l’École des beaux-arts de l’Indochine dans laquelle il se spécialise en peinture. C’est probablement en 1937, lors du IIIe Salon de la Sadeai que Le tricot de Vũ Đình Ngọc est acquis par l’aïeul du propriétaire actuel. Alors médecin à Hanoï, l’amateur d’art témoigne par cette acquisition de l’intérêt des Français venus en Indochine pour cette nouvelle génération d’artistes (C. Aguttes-Reynier, L’École des beaux-arts de Indochine (1925-1945), Paris, In Fine éditions d’art, 2023, p.124 ).
Le tricot, activité domestique traditionnelle, est ici associé à une forme de noblesse et renvoie au statut d’une femme dont les occupations se déroulent à l’abri des contraintes du monde extérieur.

Une autre belle découverte avec Vũ Đình Ngọc qui entre dans la cour des grands avec cette belle tricoteuse qui a été vendue à un peu plus de 100 000 euros.

Une étude préparatoire de Jean Bouchaud : La rivière des Parfums à Hué

En 1924, la Société Coloniale des Artistes Français lui attribue le Prix de l’Indochine, ouvrant la voie à ses séjours en Asie du Sud-Est notamment au Cambodge, au Laos et au Viêt-Nam. Son parcours est couronné en 1928 par la médaille d’or du Salon des Artistes Français pour Laveuses cochinchinoises.  Ces expériences de voyage, et plus particulièrement son immersion au Viêt-Nam, nourriront durablement son corpus.
Notre œuvre est une étude préparatoire à l’huile sur toile, de grand format, pour Les bords de la rivière des Parfums, Hué, datée de 1929 et conservée en collection particulière.

L’art de l’intime : les petits portraits de maturité de Mai Trung Thứ

Mai Trung Thứ expose régulièrement en France. À la fin de sa vie, la Galerie Vendôme lui consacre plusieurs manifestations majeures : l’exposition « Le Monde de Mai- Thứ » en 1974-1975, puis une rétrospective collective, avant de présenter « L’Univers poétique de Mai-Thu » de décembre 1979 à janvier 1980, dernier témoignage public de son œuvre avant sa disparition le 10 octobre 1980, alors qu’une exposition intitulée « Cent petits tableaux » était en cours de préparation. Ce succès auprès des galeries tient en grande partie à l’engouement de la clientèle privée, pour laquelle l’artiste adapte ses formats, privilégiant des compositions de plus petits formats afin de répondre à une demande toujours croissante des collectionneurs.
Mai Trung Thứ apporte également un soin particulier à la présentation de ses œuvres. Dès les années 1940, il fabrique lui-même ses cadres, d’abord dans le goût occidental, puis, à partir des années 1950, selon des encadrements d’inspiration asiatique en parfaite harmonie avec l’esthétique de sa peinture.

Vente [51] Peintres d'Asie : Art moderne vietnamien
13 mai 2026, 14h30

Visites guidées par l’expert sur inscription, mardi 5 mai à 11h30 et lundi 11 mai à 16h
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Expositions publiques, du lundi 4 au mardi 12 mai de 14h à 17h30 (sauf du 8 au 10 mai)

Conférence : Le Printemps en Asie, faune et flore dans l’art asiatique
Organisé dans le cadre du Printemps asiatique 2026 avec le soutien du Club Transmission Aguttes
Sur inscription, lundi 8 juin à 14h30
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Une vente chaque trimestre en préparation : connaissez-vous la valeur de vos biens?

Profitez de l'avis gratuit et confidentiel avec notre expert, Charlotte Aguttes-Reynier, leader historique sur ce domaine.

Art moderne asiatique. Vente [52] Aguttes, 9 septembre 2026, 14h30