Le terme « laque » dérive du latin médiéval « lacca », lui-même issu du persan ou de l’hindi « lakh ». En Asie, la laque est extraite de la sève du Rhus verniciflua, un arbre originaire de Chine et du Japon, poussant à l’état sauvage. Sa préparation est un processus minutieux : filtrée, épurée et chauffée, elle se concentre en urushiol (acide de laque) qui lui donne ses propriétés de protection et d’imperméabilisation. Elle peut alors être utilisée transparente ou colorée grâce à des pigments, notamment le cinabre pour le rouge, couleur emblématique des laques sculptées chinoises. Son séchage requiert un temps long, un degré d’humidité élevé (environ 75 % à 80 %) et une température entre 25°C et 30° C, durcissant progressivement grâce à des processus complexes de polymérisation.

La laque est appliquée en fines couches successives sur divers supports (bois, tissu, métal). Généralement, les objets sont recouverts de 30 à 35 couches de laque mais pour les plus exceptionnels, il peut être appliqué jusqu’à 200 couches de laque. Une fois accumulée en épaisseur, elle peut être sculptée pour créer des décors en relief. Cette technique, appelée diaoqi ((雕漆), apparaît véritablement en Chine à partir de la dynastie Tang (618-907), se développant progressivement sous les Song (907-1279), atteignant son apogée sous les Yuan (1279-1368) et les Ming (1368-1644).

Les laques des dynasties Yuan et Ming se distinguent par une maîtrise technique et une richesse décorative exceptionnelle. Sous les Ming (1368-1644), notamment au XVe siècle, cet art atteint son âge d’or : les décors deviennent plus complexes, compacts et profondément sculptés, avec des scènes narratives, des paysages détaillés ou des motifs impériaux comme les dragons et les phénix. La précision du relief, la finesse des détails et l’intensité du rouge, obtenu grâce au cinabre, confèrent à ces œuvres un caractère somptueux, reflet du luxe et du prestige de la cour impériale. Durant la dynastie Qing (1644-1912), l’empereur Qianlong (1735-1796), grand mécène des arts, relance la production de pièces d’exception, notamment sous la forme de cabinets et grands mobiliers.  

Produits de luxe, les laques sculptées étaient destinées à la cour impériale ou offertes comme présents diplomatiques. Leur fabrication longue et exigeante en fait aujourd’hui encore des œuvres précieuses, témoignant d’un savoir-faire exceptionnel et d’une tradition artistique millénaire.

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Arts d'Asie
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