Une sélection éclectique, de la compétition aux automobiles hors normes

De la petite citadine habillée par Hermès aux prototypes de compétition, des grandes automobiles d’avant-guerre aux supercars les plus radicales, Auction & Motion 2026 entend une nouvelle fois faire dialoguer les époques et les univers de la collection. Dix automobiles donnent un premier aperçu de cette sélection, avec des estimations allant de 8 000 € à 1,6 million d’euros.

Porsche 906 et Lotus Eleven : nées pour la compétition

La compétition constituera l’un des fils rouges de la vente, avec en tête d’affiche une Porsche 906 Carrera 6 de 1966, estimée entre 1 200 000 et 1 600 000 €.

Et pas n’importe laquelle : le châssis n°906.113 conjugue une remarquable authenticité à un important passé en compétition. Entre 1966 et 1971, cette Carrera 6 s’est notamment alignée à quatre reprises aux 12 Heures de Sebring et trois fois aux 6 Heures de Watkins Glen, inscrivant son histoire sur deux des circuits les plus emblématiques du sport automobile américain.

Jamais accidentée, elle se retire des circuits au début des années 1970 et rejoint ensuite le grand collectionneur Rudi Klein, à la tête du garage Porsche Foreign Auto et devenu célèbre pour son extraordinaire collection de belles endormies, The Junkyard. La 906 retraverse l’Atlantique au milieu des années 1980 pour rejoindre l’Allemagne, où elle restera à son tour endormie pendant près de quarante ans, préservée dans son état d’origine.

Redécouverte par son actuel propriétaire, elle a depuis bénéficié d’une restauration menée dans le respect de son authenticité et de son histoire. Peu utilisée depuis, elle est aujourd’hui prête à retrouver les circuits. Hautement éligible aux plus prestigieuses épreuves historiques internationales, du Mans à Goodwood en passant par le Tour Auto, elle est accompagnée de son ensemble moteur-boîte de vitesses d’origine ainsi que d’une expertise du spécialiste Porsche Andy Prill, dont le rapport est confirmé par Jürgen Barth.

À ses côtés, une Lotus Eleven Série 1 de 1956, estimée entre 150 000 et 180 000 €, rappellera combien légèreté et aérodynamique pouvaient être des armes redoutables en compétition. Produite à seulement 270 exemplaires entre 1956 et 1958, l’Eleven est l’une des expressions les plus pures de la philosophie de Colin Chapman.

Gumpert et Sbarro : deux visions radicales de l’automobile

À vingt ans d’intervalle, deux créations hors normes illustrent également cette volonté de repousser les conventions automobiles.

Autre temps fort de la vente, la Gumpert Apollo Prototype de 2005, estimé entre 550 000 et 750 000 €, ramène aux origines de l’une des supercars européennes les plus radicales du début du XXIe siècle.

L’histoire de l’Apollo est indissociable de celle de Roland Gumpert, ancien Team Principal d’Audi Sport et figure de l’ère triomphale de la transmission Quattro en Championnat du monde des rallyes. Au début des années 2000, il poursuit une ambition simple dans son principe mais extrême dans son exécution : créer une automobile capable d’offrir les performances d’une voiture de course tout en restant homologuée pour la route.

La voiture présentée par Aguttes on Wheels est celle par laquelle cette histoire commence. Tout premier prototype de l’Apollo et première Apollo immatriculée, elle possède également un véritable passé en compétition, avec notamment une troisième place à Hockenheim en Divinol Cup en 2005. Plus exceptionnel encore, elle est restée depuis l’origine entre les mains de Roland Gumpert lui-même.

La réputation de l’Apollo dépassera rapidement le cercle des initiés. Quelques années plus tard, une autre Apollo marquera notamment l’histoire de l’émission britannique Top Gear en bouclant son célèbre circuit en 1 min 17,1 s, prenant alors la tête du classement des voitures de série et devançant notamment la Koenigsegg CCX équipée du « Top Gear Wing ».

Exemplaire unique, la Sbarro Super Eight de 1984, estimée entre 120 000 et 180 000 €, est l’une des créations les plus étonnantes de Franco Sbarro. Dévoilée au Salon de Genève en 1984 et commandée par l’entrepreneur suisse Bernd Grohe, elle imagine ce que pourrait être une Ferrari 308 GTBi radicalement transformée en compacte à hautes performances.

Sous sa spectaculaire carrosserie en fibre de verre se cachent en effet le châssis tubulaire, le V8 transversal et la boîte manuelle à cinq rapports de la Ferrari. Avec plus de 260 ch pour seulement 800 kg, la Super Eight revendique une vitesse de pointe de 210 km/h. Ses proportions ramassées, ses ailes démesurément élargies et ses prises d’air annonçant celles de la Testarossa en font aujourd’hui encore une automobile impossible à classer : trop radicale pour être une simple compacte, trop singulière pour être une supercar conventionnelle.

Bugatti et Bentley : le prestige de l’avant-guerre

Les grandes heures de l’automobile d’avant-guerre seront notamment représentées par une Bugatti Type 38 de 1926, estimée entre 250 000 et 350 000 €. Produite à seulement 385 exemplaires, la Type 38 succède à la Type 30 et transpose sur la route une partie de l’ADN sportif de Molsheim, notamment à travers son huit cylindres en ligne de 2 litres, étroitement apparenté à celui de la mythique Type 35.

L’exemplaire présenté à Bruxelles, châssis n°38219, se distingue par un exceptionnel ensemble châssis-moteur d’origine. Livré en septembre 1926 et vendu neuf en Espagne, il conserve aujourd’hui encore son moteur n°119.
Sa singularité tient également à sa rare carrosserie surbaissée de type E.B.V. signée Gaston Grümmer, provenant d’une Bugatti Type 30. Inspirée de l’aéronautique et réalisée selon le principe Weymann, avec une structure en bois recouverte de moleskine, elle avait été conçue pour alléger l’automobile et abaisser son centre de gravité. Sur la soixantaine de carrosseries réalisées par Grümmer pour Bugatti, seules cinq seraient aujourd’hui recensées.

À ses côtés, une Bentley 3 Litre de 1928, estimée entre 200 000 et 300 000 €, rappellera l’une des périodes les plus glorieuses de la marque britannique. Il s’agit là d’une des 10 dernière 3 Litres produites, dans un état exceptionnel et dans les mêmes mains depuis plus de 20 ans.

Quand l'automobile raconte une autre histoire

Parmi les propositions les plus inattendues figure une Smart Fortwo « Toile H » de 2011, estimée entre 25 000 et 35 000 €. Créée à l’occasion des dix ans de Smart en France, cette série de seulement 40 exemplaires, déclinés en dix couleurs, recevait un habitacle réalisé par les artisans de la maison Hermès. L’exemplaire proposé, qui n’a connu qu’un propriétaire et affiche seulement 9 200 km, serait le seul connu dans cette spectaculaire configuration rose fuchsia. Volant et sélecteur gainés de cuir cousu main, détails en emblématique Toile H : rarement la petite citadine aura autant flirté avec l’univers du luxe.

Une Škoda Superb ex-Tour de France de 2005, estimée entre 8 000 et 12 000 €, permettra quant à elle d’entrer dans les coulisses de la plus célèbre course cycliste au monde. Intégrée à la flotte officielle du Tour de France et utilisée par Amaury Sport Organisation, elle a servi de voiture de Direction de Course pendant quatre éditions consécutives.

Dans sa livrée rouge caractéristique, cette Skoda Superb était un véritable poste de commandement mobile, depuis lequel la course pouvait être suivie et coordonnée au fil de chaque étape. Elle conserve ses équipements spécifiques, dont un toit panoramique arrière, une console centrale modifiée et son avertisseur trois tons. Détail savoureux : la console intègre même un compartiment réfrigéré destiné à accueillir la traditionnelle bouteille de champagne. Sa documentation officielle confirme son appartenance à la flotte du Tour de France.

Deux Ferrari, deux facettes de Maranello

Enfin, deux Ferrari des années 1990 illustreront deux facettes très différentes de la marque au cheval cabré.

Une Ferrari 456 GT « Schumacher Edition », estimée entre 130 000 et 180 000 € sera l'un des rarissimes exemplaires de la 456M GT Bicolore Scaglietti, dans l'iconique configuration "Schumacher Edition", et de surcroît en boîte manuelle. Produite à seulement 30 exemplaires dans le monde, seulement 10 auraient été produits en boîte manuelle.

À ses côtés, une Ferrari F355 GTS F1 de 1998, estimée entre 100 000 et 130 000 €, incarne un véritable tournant technologique dans l’histoire de Ferrari. Dessinée par Pininfarina, elle associe le fameux V8 atmosphérique de 3,5 litres à cinq soupapes par cylindre, développant 380 ch, à la désirable carrosserie GTS avec toit amovible.

Sa commande de boîte électrohydraulique F1, actionnée par des palettes derrière le volant, transpose sur une automobile de route une technologie directement inspirée de la Formule 1 et annonce la généralisation future de ce type de transmission chez Ferrari.

Livrée neuve en Allemagne, cette F355 affiche environ 70 000 km et n’a connu que trois propriétaires. Accompagnée de son historique d’entretien documenté, de son carnet tamponné et de ses accessoires, elle se présente dans une élégante combinaison Nero sur cuir Tan.

Autoworld, un écrin emblématique

Installé dans les bâtiments monumentaux du Parc du Cinquantenaire, Autoworld offre une nouvelle fois un écrin naturel à cette vente aux enchères.

Les automobiles seront accessibles au public lors de deux journées d’exposition, les jeudi 8 et vendredi 9 octobre 2026, ainsi que le 10 au matin avant leur passage sous le marteau le samedi 10 octobre à partir de 15h.

Cette troisième édition Autoworld I Auction & Motion viendra ainsi ponctuer une semaine durant laquelle collectionneurs et passionnés auront les yeux tournés vers la Belgique, entre Bruxelles et Knokke.

Informations Pratiques

Aguttes on Wheels — Auction & Motion 2026
Autoworld
Parc du Cinquantenaire
Bruxelles, Belgique

Exposition publique

  • - Jeudi 8 et vendredi 9 octobre 2026 de 10h à 18h

  • - Samedi 10 octobre 2026 de 9h à 12h

Vente aux enchères
Samedi 10 octobre 2026 - 15h