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Le 18 décembre 2023, Aguttes attire les regards des collectionneurs vers l'art moderne et contemporain chinois. Ses équipes, qui œuvrent en particulier depuis 10 ans à la mise en lumière d’artistes asiatiques venus en France, l’une des spécialités de la maison, présentent en ouverture de cette session trois artistes modernes chinois avec des œuvres inédites et rares.

Tout d’abord est présentée une rare toile de Zeng Yilu, artiste engagé qui s'intègre rapidement à la scène artistique franco-chinoise en participant, entre autres, à l'exposition Chinoise d'art ancien et moderne de Strasbourg au début du XXème siècle.


Zeng Yilu (1896 - 1989), Le temple, 1934
Estimation : 15 000 - 25 0000€

Puis apparaît Sanyu, peintre qui compte parmi la première génération d'artistes chinois ayant bénéficié de cette double formation. Arrivé dans la ville lumière lors de cette période étonnante du Paris des années folles, entre les deux guerres, c’est dans le quartier de Montparnasse qu’il s’installe alors et côtoie Modigliani, Man Ray, Brancusi, Matisse ou encore Picasso...Son travail sur papier occupe une place importante dans le catalogue « Œuvres choisies » avec d'abord une aquarelle puis une dizaine d'encres. Ces feuilles attestent de la grande maîtrise de l’artiste dans la technique du dessin, illustrant des modèles choisis au hasard des rencontres sur les bancs de l’académie de la Grande Chaumière. Ses lignes apparaissent toujours plus pures et témoignent de l’importance apportée par l’étude de la calligraphie dans la formation de Sanyu. Les sujets, souvent nus, sont peints sur le vif en quelques traits fermes et maitrisés, dans des positions très naturelles. De telles représentations ne peuvent qu’évoquer le caractère tabou qu’aurait une telle représentation dans d’autre lieux.


Sanyu (1895-1966), Femme à la robe grise, 1920-30
Estimation : 180 000 - 200 000€


Découvrir la vidéo au sujet de Sanyu

Rarement présenté aujourd’hui en vente aux enchères, le peintre Sha Qi livre en 1938 deux portraits lumineux à leur commanditaire, Léopold Straetmans. Ce dernier est un financier belge installé à Shanghai dès 1906 et qui occupa des postes à responsabilités importantes dans le monde de la banque en Asie tout au long de sa carrière. L’artiste Sha Qi, formé aux beaux-arts en Chine notamment par Xu Beihong, fait à son tour son voyage en Europe à la fin des années 1930. C'est en Belgique qu’il travaille autour de la représentation de la lumière sous l'enseignement d’Alfred Bastien. Nos deux huiles illustrent le talent post impressionniste de Sha Qi alors au sommet de son art.


Sha Qi (1914-2005), Portrait de Madame Vekemans, nièce de Léopold Straetmans, circa 1938
Estimation : 50 000 - 80 000€


Sha Qi (1914-2005), Madame Straetmans, 1938
Estimation : 50 000 - 80 000€

Quelques années plus tard, c’est le peintre chinois Chu Teh Chun qui choisit de venir en France. Le département contemporain présente une peinture historique de ce dernier. Cette très belle toile de 1958 illustre l'une des premières incursions de Chu Teh Chun dans le territoire de l’abstraction lyrique. A cheval entre deux cultures, il distille le meilleur des deux mondes en une composition unique, dont les attributs apatrides en font un hapax pictural. Du camaïeu de brun se dégage une luminosité remarquable, une intensité chromatique empruntée à l'art de Goya. Les coups de pinceau hachurant la composition témoignent de son ancrage à l’art traditionnel de la calligraphie chinoise.

L'année 1958 représente un moment crucial dans la carrière de l’artiste chinois, puisqu’il abandonne à ce moment précis l’expression figurative pour se tourner vers l'abstraction. Cette transition esthétique prend sa source deux ans plus tôt, en 1956, lorsqu’il découvre l'œuvre de Nicolas de Staël au musée d'art moderne : une rencontre qui le bouleverse profondément. Cette œuvre, rarissime sur le marché, rassemble déjà l’ensemble des éléments qui constitueront le langage pictural employé par Chu Teh Chun pour le reste de sa carrière. Plus qu’une préfiguration, il s’agit d’un manifeste esthétique, aussi radical qu’audacieux, qui saura capter le regard des connaisseurs le 18 décembre prochain.


Chu Teh-Chun, Sans titre, 1958
Estimation : 450 000 - 750 000€


Découvrez la vidéo au sujet de cette œuvre

Changement de décor pour la suite de la vente avec de belles signatures classiques liées à l’art contemporain, notamment la magnifique œuvre « Soeglet » de Victor Vasarely, créée en 1983, qui appartient à la période des « Structures universelles expansives régressives » de l’artiste (période qui s’étend de 1968 jusqu’à la fin de sa carrière). Cette phase artistique se caractérise par une exploration de l’univers infini des galaxies, des pulsations cosmiques et des mutations biologiques cellulaires. « Soeglet » est une œuvre captivante qui incarne parfaitement le style artistique unique de Vasarely au cours de cette période. Composée d’un réseau complexe de lignes et de motifs abstraits, elle crée une illusion d’optique saisissante. Les couleurs audacieuses, notamment le bleu électrique et le violet éclatant, ajoutent une dimension vibrante à l’œuvre, créant un contraste visuel saisissant.

Cette pièce, représentative de la dernière période de l’artiste, témoigne du génie créatif et de la maîtrise exceptionnelle de Vasarely dans la manipulation des formes géométriques et des couleurs. Son utilisation novatrice de l’illusion d’optique et sa capacité à créer des compositions visuelles dynamiques ont profondément influencé l’art optique et cinétique.


Victor Vasarely, Soeglet, 1983
Estimation : 120 000 - 180 000€

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